Régularisation URSSAF et CARPIMKO 2026 : enfin expliquée
Régularisation URSSAF et CARPIMKO 2026 : pourquoi ça explose même quand votre CA est stable
L'essentiel en 60 secondes. Si vous avez reçu en 2026 une régularisation URSSAF salée — alors même que votre chiffre d'affaires n'a pas vraiment bougé — vous n'êtes pas seul, et vous n'avez rien fait de mal. Une réforme de fond a changé, à partir des revenus 2025, la façon dont l'URSSAF calcule la base de vos cotisations : toutes vos cotisations sociales et la CSG-CRDS sont désormais calculées sur une assiette unique, avec un abattement forfaitaire automatique de 26 %. En parallèle, la CARPIMKO a transformé sa cotisation complémentaire retraite en un taux unique de 8,70 %, ce qui représente à lui seul environ +1 300 € par an pour un revenu de 50 000 €. Ces deux réformes arrivent au même moment, sur les mêmes décomptes, ce qui explique l'effet de choc ressenti sur les groupes IDEL en ce moment. Cet article démêle ce qui a changé, pourquoi votre régularisation peut grimper même à activité stable, et pourquoi certaines cotisations CARPIMKO ne sont jamais remboursées même en cas de baisse de revenu.
Ce qui a changé : la fin de l'ancien système à deux assiettes
Pour comprendre pourquoi vos décomptes 2026 ressemblent à un casse-tête, il faut d'abord comprendre ce qui existait avant — parce que la réforme ne change pas les montants au hasard, elle change la méthode de calcul elle-même.
Avant cette réforme, vos cotisations sociales (maladie, retraite de base, retraite complémentaire, invalidité-décès, allocations familiales) étaient calculées sur une assiette dite « nette » : vos recettes, moins vos charges professionnelles, moins les cotisations sociales que vous aviez déjà payées. La CSG-CRDS, elle, était calculée sur une assiette plus large dite « super-brute », qui rajoutait le montant de ces cotisations sociales à la base nette. Ce système avait une particularité technique embêtante : il était circulaire. Le montant de vos cotisations influençait votre assiette, qui influençait à son tour le montant de vos cotisations. Concrètement, cela rendait le calcul peu lisible — même pour un comptable expérimenté — et désavantageait structurellement les indépendants par rapport aux salariés, dont la CSG-CRDS porte sur une base plus restreinte.
Depuis la réforme, applicable sur vos revenus 2025 et donc visible dans vos décomptes de régularisation à partir du printemps-été 2026, une seule assiette sert désormais pour absolument tout — cotisations sociales ET CSG-CRDS. Cette assiette unique se calcule en trois temps. On part de votre revenu professionnel (recettes moins charges déductibles, sans déduire vos cotisations sociales cette fois). Sur ce montant, l'URSSAF applique automatiquement un abattement forfaitaire de 26 %, censé représenter de façon globale les charges sociales que vous ne déduisez plus individuellement. Le résultat — votre revenu après abattement de 26 % — constitue l'assiette sociale unique, sur laquelle s'appliquent tous les taux de cotisation.
Ce nouvel abattement de 26 % est encadré par un plancher et un plafond : pour 2026, il ne peut pas être inférieur à 845,86 € ni s'appliquer au-delà de 62 478 € de revenu (soit 130 % du plafond annuel de la Sécurité sociale). Au-delà de ce seuil, l'abattement est plafonné — ce qui concerne assez peu d'IDEL mais peut toucher les cabinets à très forte activité.
L'erreur à ne surtout pas faire : confondre l'abattement de 26 % avec l'abattement micro-BNC de 34 %
C'est probablement la confusion la plus répandue sur les groupes IDEL en ce moment, et elle mérite une clarification nette : ces deux abattements n'ont rien à voir entre eux, même s'ils se ressemblent dans leur formulation.
L'abattement de 34 % est un mécanisme fiscal, propre au régime micro-BNC. Si vous êtes en micro-BNC, l'administration fiscale considère forfaitairement que 34 % de vos recettes correspondent à des charges, et vous êtes imposé sur les 66 % restants.
L'abattement de 26 % est un mécanisme social, nouveau, appliqué par l'URSSAF sur votre revenu professionnel pour déterminer l'assiette de vos cotisations.
Si vous êtes au régime réel (déclaration contrôlée), les deux logiques se combinent : vous déduisez d'abord vos charges réelles pour obtenir votre revenu professionnel, puis l'URSSAF applique l'abattement de 26 % sur ce revenu pour obtenir l'assiette sociale. Si vous êtes au micro-BNC, en revanche, l'abattement social de 26 % ne s'applique pas — c'est l'abattement fiscal de 34 % qui sert directement de base au calcul social. Deux IDEL avec le même chiffre d'affaires mais des régimes fiscaux différents auront donc des assiettes sociales différentes, et c'est précisément ce point qui mérite d'être vérifié avec votre comptable si vous avez changé de régime récemment.
Exemple concret en régime réel. Une IDEL réalise 100 000 € de recettes, avec 13 000 € de charges déductibles (hors cotisations sociales). Son revenu professionnel est donc de 87 000 €. Après application de l'abattement de 26 % (87 000 € × 0,74), son assiette sociale unique 2026 s'établit à 64 380 €. C'est sur ce montant — et non sur les 100 000 € de recettes, ni sur les 87 000 € de revenu professionnel — que sont désormais calculées toutes ses cotisations.
Pourquoi votre régularisation explose même si votre CA est stable
C'est la question posée très exactement dans le message que de nombreux IDEL partagent en ce moment sur les groupes Facebook et forums professionnels : « mon chiffre d'affaires est plutôt stable, j'ai eu une grosse régularisation l'année dernière car mon CA avait augmenté, là je suis plutôt stable et j'ai encore une plus grosse régularisation ». La réponse tient à trois effets qui se cumulent, et qui sont indépendants de l'évolution réelle de votre activité.
Le premier effet est un effet de décalage temporel, qui n'est pas nouveau mais qui amplifie tout le reste. Vos cotisations de l'année N sont d'abord appelées à titre provisionnel sur la base de vos revenus N-2, puis ajustées une première fois après votre déclaration sur la base de N-1, puis régularisées définitivement une fois votre revenu réel N connu, l'année N+1. En clair : en 2026, vos cotisations provisionnelles reposent encore sur vos revenus 2024, et la régularisation qui arrive maintenant correspond à votre revenu réel 2025. Si votre activité a progressé entre 2024 et 2025 — même modérément — vous payez la différence d'un coup.
Le deuxième effet est un effet de taux, et c'est celui que la réforme a directement provoqué. Plusieurs taux de cotisation augmentent en 2026 par rapport à 2025 : le taux plein de la cotisation maladie passe de 6,5 % à 8,5 %, et la cotisation de retraite de base plafonnée des professions libérales réglementées — dont les IDEL — passe de 8,23 % à 8,73 %. Votre régularisation 2025, calculée avec les nouveaux taux 2026, est donc structurellement plus élevée que ne l'aurait été une régularisation calculée avec les anciens taux, même à revenu strictement identique.
Le troisième effet est un effet d'assiette, lié au changement de méthode lui-même. Comme on ne déduit plus individuellement les cotisations sociales pour calculer l'assiette des cotisations sociales (remplacées par l'abattement forfaitaire global de 26 %), la base de calcul s'élargit mécaniquement pour une partie des professionnels. Le résultat net dépend de votre profil — montant de vos charges réelles, part de revenu conventionné — mais pour beaucoup d'IDEL, cet élargissement d'assiette pèse plus que ne compense l'abattement.
À ces trois effets s'ajoute, en 2026 spécifiquement, la réforme CARPIMKO détaillée plus bas — qui n'est pas liée à l'assiette unique mais qui tombe exactement au même moment et qui alourdit encore les décomptes que vous recevez actuellement. C'est cette accumulation de réformes simultanées, et non un dysfonctionnement de votre dossier ou une erreur de votre nouveau comptable, qui explique l'ampleur du choc ressenti en ce moment sur les groupes IDEL.
La réforme CARPIMKO 2026 : pourquoi votre complémentaire retraite a bondi d'environ 1 300 €
Si la réforme de l'assiette unique concerne l'URSSAF, une deuxième réforme — totalement distincte mais qui arrive exactement au même moment — concerne votre régime de retraite complémentaire CARPIMKO. C'est très probablement la cause principale du deuxième témoignage partagé sur les forums, qui évoque les « parts proportionnelles régime complémentaire et ASV ».
Avant 2026, la cotisation complémentaire CARPIMKO fonctionnait selon un système mixte : une part forfaitaire de 2 312 €, qui donnait droit automatiquement à 8 points de retraite quel que soit votre revenu, et une part proportionnelle de 3 % calculée sur la tranche de revenus comprise entre 25 246 € et 237 179 €.
Depuis le 1er janvier 2026, ce système mixte a disparu. La cotisation complémentaire est devenue intégralement proportionnelle, avec un taux unique de 8,70 %, appliqué sur une assiette comprise entre 0,5 PASS (24 030 €) et 3 PASS (144 180 €). Une cotisation plancher de 2 091 € et un plafond de 12 544 € encadrent ce nouveau calcul. Autre changement important : les points de retraite ne sont plus attribués de façon automatique — ils dépendent désormais directement du montant que vous avez réellement cotisé.
L'impact concret de ce changement est significatif. Pour un revenu de 50 000 €, la cotisation complémentaire passait, en 2025, d'environ 2 312 € (part forfaitaire) + 743 € (part proportionnelle à 3 %), soit environ 3 055 €. En 2026, au taux unique de 8,70 %, cette même cotisation s'élève à environ 4 350 € — soit une hausse d'environ 1 300 € sur cette seule ligne. C'est un montant qui, à lui seul, peut expliquer une part substantielle de l'écart constaté sur votre régularisation par rapport aux années précédentes.
« Pourquoi je ne suis pas remboursée alors que j'ai gagné moins ? » — comprendre les cotisations forfaitaires CARPIMKO
C'est la deuxième question, très légitime, posée sur les forums : une IDEL dont le revenu 2025 est inférieur à celui de 2024 a logiquement trop cotisé en 2025 sur la base de provisionnelles calculées sur son revenu antérieur plus élevé — mais elle constate que tout n'est pas remboursé.
La réponse tient à la distinction entre cotisations proportionnelles et cotisations forfaitaires. Une cotisation proportionnelle évolue avec votre revenu : si votre revenu baisse, elle baisse aussi, et l'écart entre ce que vous avez payé en provisionnel et ce que vous deviez réellement vous est remboursé. Une cotisation forfaitaire, en revanche, est due dans son intégralité quel que soit votre revenu — elle ne peut donc jamais générer de remboursement, même en cas de forte baisse d'activité.
Au sein de la CARPIMKO, deux cotisations restent forfaitaires et ne sont donc jamais régularisées à la baisse. La cotisation invalidité-décès, fixée à 1 022 € en 2026, est due intégralement chaque année — y compris, depuis le 1er janvier 2025, pendant les périodes d'arrêt de travail. La part forfaitaire de l'ASV (Avantage Social Vieillesse), fixée à 224 € à votre charge — la CPAM finançant les deux tiers restants —, est également due quel que soit votre niveau de revenu.
La part proportionnelle de l'ASV, en revanche, à hauteur de 0,40 % de vos revenus conventionnés, est bien régularisable à la baisse comme à la hausse. Et la cotisation complémentaire, depuis qu'elle est devenue intégralement proportionnelle au 1er janvier 2026, devrait théoriquement mieux suivre les variations de revenu à l'avenir — sous réserve de respecter le plancher de 2 091 € en dessous de 0,5 PASS de revenu, qui constitue lui-même un palier forfaitaire bas en deçà duquel aucune baisse supplémentaire n'est répercutée.
En clair : si votre baisse de revenu entre 2024 et 2025 ne vous fait pas franchir le plancher de la complémentaire (24 030 € de revenu), et si vous restez par ailleurs dans une tranche où les cotisations forfaitaires invalidité-décès et ASV pèsent proportionnellement plus lourd, le remboursement que vous obtenez peut sembler décevant au regard de la baisse réelle de votre activité. Ce n'est pas une anomalie de traitement de votre dossier — c'est le mécanisme normal d'un régime qui combine composantes forfaitaires et proportionnelles.
Le piège à éviter absolument : la cotisation d'office en cas de déclaration tardive
Un point de vigilance mérite une attention toute particulière, en particulier si vous avez changé de comptable récemment et que votre déclaration de revenus a pu prendre du retard. En l'absence de déclaration de revenus dans les délais, la CARPIMKO appelle votre cotisation complémentaire d'office sur la base du revenu maximum — soit 3 PASS, 144 180 € en 2026. Cela signifie une cotisation complémentaire d'office de 12 544 €, au lieu d'environ 4 785 € pour un revenu réel de 55 000 €, soit un écart de près de 7 800 € facturé à tort en cas de simple retard administratif.
Si vous avez changé d'expert-comptable récemment — ce qui est précisément le cas évoqué dans le témoignage qui a inspiré cet article — assurez-vous que la transition n'a généré aucun retard dans la transmission de votre déclaration de revenus à l'administration fiscale, dont dépendent à la fois l'URSSAF et la CARPIMKO depuis la suppression de la déclaration sociale des indépendants (DS PAMC). Une déclaration tardive de quelques semaines peut, à elle seule, expliquer une cotisation d'office disproportionnée — et ce montant est récupérable, mais seulement après régularisation, ce qui ajoute encore un délai.
Comment lire votre décompte de régularisation et vérifier qu'il est correct
Sur votre espace personnel urssaf.fr, votre décompte de régularisation distingue normalement trois lignes : le montant de vos cotisations définitives pour l'année concernée, calculées sur votre revenu réel déclaré ; le montant que vous avez déjà versé à titre provisionnel sur cette même année ; et le solde — à payer si vos provisionnelles étaient insuffisantes, à rembourser dans le cas contraire.
Trois points méritent une vérification systématique avant tout paiement. Premièrement, assurez-vous que le revenu de référence utilisé correspond bien à votre déclaration de revenus de l'année concernée — une erreur de report entre votre déclaration fiscale et le système URSSAF n'est pas exclue, en particulier lors de cette première année sous nouvelle méthode. Deuxièmement, vérifiez que l'abattement de 26 % a effectivement été appliqué à votre assiette — son absence gonflerait artificiellement votre base de calcul. Troisièmement, si vous avez perçu des indemnités journalières pendant l'année concernée, vérifiez qu'elles n'ont pas été indûment intégrées dans l'assiette de vos cotisations sociales, alors qu'elles doivent normalement en être exclues.
En cas d'incohérence constatée, la messagerie sécurisée de votre espace URSSAF est le canal le plus efficace, et un conseiller dédié aux praticiens et auxiliaires médicaux conventionnés est joignable au 08 06 80 42 09. Pour la CARPIMKO, votre espace personnel sur carpimko.com permet de consulter le détail de votre régularisation ligne par ligne — base de base, complémentaire, invalidité-décès, ASV — et d'identifier précisément quelle composante explique l'écart constaté.
Comment se protéger : la règle du provisionnement systématique
Face à ce nouveau système, il n'existe pas de dispositif de lissage automatique pluriannuel — l'année 2026 superpose simplement la régularisation 2025 (nouvelle méthode) et l'ajustement des provisionnelles 2026. Le seul levier réellement efficace est de votre côté : le provisionnement.
Le consensus des cabinets comptables spécialisés IDEL converge vers ce qu'on appelle parfois la règle du 50/50 : mettre de côté, chaque mois, environ 50 % de votre chiffre d'affaires encaissé, sur un compte dédié distinct de votre compte de fonctionnement courant. Cette proportion peut être ajustée selon votre profil — certains cabinets recommandent plus précisément 45 à 50 % du bénéfice net si l'on inclut l'impôt sur le revenu, ou 35 à 40 % des recettes pour les seules cotisations sociales hors impôt. Quelle que soit la formule retenue, l'essentiel est qu'elle soit appliquée systématiquement, dès l'encaissement, et non révisée a posteriori au moment où le décompte de régularisation arrive.
Le deuxième levier, complémentaire, est la modulation de vos acomptes en ligne. Dès que vous anticipez une évolution significative de votre activité — reprise d'une tournée plus chargée, fin d'un remplaçant, ouverture d'un nouveau secteur — vous pouvez réestimer votre revenu directement sur votre espace URSSAF pour relever vos acomptes en cours d'année. Aucune pénalité n'est appliquée en cas d'écart entre votre estimation et votre revenu réel final. À l'inverse, si votre activité baisse durablement, moduler à la baisse évite de cotiser sur une base devenue obsolète — sous réserve, comme expliqué plus haut, des planchers forfaitaires qui s'appliquent à certaines cotisations CARPIMKO quel que soit votre niveau de revenu.
Micro-BNC ou déclaration contrôlée : la réforme change-t-elle l'équilibre ?
Cette réforme constitue une occasion légitime de reposer la question du régime fiscal le mieux adapté à votre situation — et la réponse dépend très directement du niveau réel de vos charges professionnelles.
Pour un IDEL dont les charges professionnelles réelles — véhicule, assurance responsabilité civile professionnelle, matériel, logiciel de télétransmission, frais de formation — représentent moins de 34 % du chiffre d'affaires, le régime micro-BNC reste avantageux : l'abattement fiscal forfaitaire de 34 % couvre largement les charges réelles, et l'abattement social de 26 % ne s'applique pas mais n'a pas lieu d'être regretté dans ce cas.
Pour un IDEL dont les charges réelles dépassent 34 % du chiffre d'affaires — ce qui est fréquent pour les cabinets avec véhicule récent, kilométrage important (particulièrement pertinent pour les tournées étendues en Martinique, Guadeloupe ou Guyane), investissement matériel significatif ou recours à des remplaçants —, la déclaration contrôlée devient structurellement plus intéressante. Non seulement elle permet de déduire les charges réelles pour le calcul de l'impôt, mais elle ouvre également droit, depuis cette réforme, à l'abattement social de 26 % appliqué sur le revenu professionnel ainsi réduit — un double effet favorable que le micro-BNC ne permet pas de capter.
Le seuil de chiffre d'affaires pour rester éligible au micro-BNC a par ailleurs été porté à 83 600 € pour la période 2026-2028. Si votre activité approche ou dépasse ce seuil, la question du passage en déclaration contrôlée n'est de toute façon plus seulement une question d'optimisation — elle devient une question d'éligibilité.
Dans tous les cas, cet arbitrage mérite d'être réalisé avec votre expert-comptable, en simulant les deux régimes sur la base de votre activité réelle — et pas seulement sur la base de votre déclaration de l'année précédente, puisque c'est précisément le décalage entre l'ancien et le nouveau système qui génère les surprises actuelles.
Spécificités pour les IDEL des Antilles-Guyane
Cette réforme de l'assiette unique et de la CARPIMKO est nationale et s'applique de façon identique en Martinique, Guadeloupe, Guyane et en Hexagone — il n'existe aucune disposition territoriale spécifique pour les DROM sur ce sujet.
Deux points méritent néanmoins une attention particulière pour les cabinets des Antilles-Guyane. D'une part, l'arbitrage entre micro-BNC et déclaration contrôlée évoqué ci-dessus prend un relief particulier dans des territoires où les distances de tournée — notamment en Guyane, où certains secteurs s'étendent sur des dizaines de kilomètres entre communes — génèrent des charges de véhicule et de carburant souvent supérieures à la moyenne hexagonale. Pour ces cabinets, le passage en déclaration contrôlée, combiné au nouvel abattement social de 26 %, peut représenter un gain net significatif qui mérite d'être chiffré précisément. D'autre part, le coefficient DOM appliqué à votre activité de soins — qui revalorise légèrement vos recettes par rapport à la métropole — se traduit également par une assiette sociale légèrement plus élevée, ce qui renforce encore l'intérêt de bien calibrer votre provisionnement mensuel.
Questions fréquentes sur la régularisation URSSAF et CARPIMKO 2026
Pourquoi ma régularisation 2026 est-elle plus importante que celle de l'année dernière, alors que mon CA est stable ? Trois effets se cumulent indépendamment de l'évolution de votre activité : le décalage temporel habituel (provisionnelles basées sur N-2), la hausse des taux de cotisation entre 2025 et 2026 (maladie de 6,5 % à 8,5 %, retraite de base de 8,23 % à 8,73 %), et le passage à la nouvelle assiette unique avec abattement de 26 %. La réforme CARPIMKO de la complémentaire (+environ 1 300 € pour 50 000 € de revenu) s'ajoute à ces effets en 2026.
L'abattement de 26 % est-il la même chose que l'abattement micro-BNC de 34 % ? Non. L'abattement de 34 % est fiscal et propre au régime micro-BNC. L'abattement de 26 % est social, nouveau, et s'applique sur le revenu professionnel des IDEL en déclaration contrôlée pour déterminer l'assiette de leurs cotisations URSSAF et CARPIMKO. Les deux ne se cumulent pas pour un même IDEL : soit vous êtes en micro-BNC (abattement 34 % fiscal, pas d'abattement social de 26 %), soit en réel (charges réelles déduites, puis abattement social de 26 %).
Pourquoi ma cotisation complémentaire CARPIMKO n'est-elle pas remboursée alors que j'ai gagné moins en 2025 ? Si votre baisse de revenu ne vous fait pas descendre sous le plancher de l'assiette de la complémentaire (24 030 € en 2026), votre cotisation reste calculée au taux de 8,70 % sur votre revenu réel, qui est lui-même inférieur — un remboursement partiel est donc possible sur cette ligne. En revanche, les cotisations invalidité-décès (1 022 €) et la part forfaitaire de l'ASV (224 €) sont dues intégralement quel que soit votre revenu et ne génèrent jamais de remboursement.
Qu'est-ce que la cotisation d'office CARPIMKO et comment l'éviter ? En l'absence de déclaration de revenus dans les délais, la CARPIMKO appelle votre cotisation complémentaire sur la base du revenu maximum (3 PASS, soit 144 180 € en 2026), ce qui peut représenter plusieurs milliers d'euros de plus que votre cotisation réelle. Pour l'éviter, assurez-vous que votre déclaration de revenus est transmise dans les délais — un point de vigilance particulier en cas de changement récent d'expert-comptable.
Combien dois-je provisionner chaque mois pour éviter les mauvaises surprises ? La recommandation la plus répandue chez les experts-comptables spécialisés IDEL est de mettre de côté environ 50 % de votre chiffre d'affaires encaissé, sur un compte dédié, dès l'encaissement. Cette proportion peut être affinée selon votre régime fiscal et le niveau réel de vos charges.
La réforme change-t-elle l'intérêt du micro-BNC par rapport à la déclaration contrôlée ? Oui, potentiellement. Si vos charges professionnelles réelles dépassent 34 % de votre chiffre d'affaires, la déclaration contrôlée permet de cumuler la déduction des charges réelles et l'abattement social de 26 % sur le revenu ainsi réduit — un double effet favorable que le micro-BNC ne permet pas. Cet arbitrage mérite d'être simulé avec votre comptable sur la base de votre activité réelle.
Cette réforme s'applique-t-elle différemment en Martinique, Guadeloupe ou Guyane ? Non, la réforme de l'assiette unique et la réforme CARPIMKO sont nationales et s'appliquent de façon identique dans les DROM et en Hexagone. Le coefficient DOM, qui revalorise légèrement les recettes de soins, se traduit néanmoins par une assiette sociale légèrement plus élevée, ce qui renforce l'importance d'un provisionnement bien calibré.
COAPTE : parce qu'une réforme de plus ne devrait pas être votre problème
Comprendre votre régularisation, c'est utile. Ne plus avoir à s'en inquiéter, c'est mieux.
Vous venez de lire les mécanismes qui expliquent votre régularisation 2026. C'est déjà un soulagement de comprendre que vous n'avez rien fait de mal, que votre nouveau comptable n'a pas commis d'erreur, et que cette vague concerne l'ensemble de la profession au même moment. Mais comprendre un mécanisme et le gérer au quotidien sont deux choses différentes — et la réforme de la facturation électronique qui arrive en septembre 2026, les nouveaux codes de l'avenant 11, et maintenant cette double réforme URSSAF-CARPIMKO : la charge de pilotage administratif et financier d'un cabinet IDEL n'a jamais été aussi dense.
Vous êtes l'infirmier. Vous soignez. Le provisionnement mensuel, la modulation des acomptes, la vérification ligne par ligne de vos décomptes de régularisation, l'arbitrage entre micro-BNC et déclaration contrôlée — ce sont des sujets qui demandent une veille constante et une expertise fine, précisément au moment où les règles changent.
COAPTE est votre guide sur ce terrain. Depuis plus de 10 ans, nous accompagnons les infirmiers libéraux de Martinique, Guadeloupe et Guyane. Si la gestion de vos cotisations sociales relève habituellement de votre expert-comptable, COAPTE travaille en coordination avec lui pour que votre activité de facturation et de télétransmission — qui détermine directement vos recettes et donc l'assiette de vos cotisations — soit fiable, à jour et exploitable sans friction au moment de chaque déclaration.
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Sources officielles et références
- URSSAF — Réforme de l'assiette sociale et du barème des cotisations sociales : urssaf.fr
- Légifrance — Loi n° 2023-1250 du 26 décembre 2023 (LFSS 2024), article 18 : legifrance.gouv.fr
- Légifrance — Décret n° 2024-688 du 5 juillet 2024 : legifrance.gouv.fr
- Légifrance — Décret n° 2025-708 du 25 juillet 2025 (charges exclues de l'assiette) : legifrance.gouv.fr
- Légifrance — Décret n° 2025-1076 du 10 novembre 2025 et arrêté du 14 novembre 2025 (réforme CARPIMKO complémentaire) : legifrance.gouv.fr
- CARPIMKO — Espace personnel et barèmes de cotisations 2026 : carpimko.com
- Impots.gouv.fr — Formulaire 2041 DRI PAMC, campagne déclaration revenus 2025 : impots.gouv.fr
- Docaly — Cotisations CARPIMKO 2026 : barèmes, calcul et exemples : docaly.fr
- Fédération des Médecins de France — Conséquences financières de la réforme de l'assiette sociale : fmfpro.org
- AGAPS — Réforme de la base de calcul des charges sociales 2026 : aga-ps.com
- Service-Public Entreprendre — Bases forfaitaires de début d'activité 2026
- Compta-Online — ACRE et plafonnement 2026
Article rédigé par l'équipe COAPTE. COAPTE accompagne les infirmiers libéraux de Martinique, Guadeloupe, Guyane et de l'Hexagone dans leur facturation, télétransmission et gestion administrative depuis plus de 10 ans.